Hypnose et focalisation de l’attention

Nous avons tous l’habitude d’avoir notre attention qui se focalise autour d’une trajectoire fluctuante. (La métaphore des différents états de l’eau est reprise d’une table ronde très intéressante, qui mit en présence Christophe André, Elisa Brune, Jean-Philippe Lachaux et Jean-Marc Benhaiem, diffusé sur FRANCE CULTURE : Sexe, hypnose, méditation : peut-on percer les mystères de la conscience ?

Parfois totalement concentrée, notre attention est comme l’eau gelée, rassemblée, avec une densité d’attention maximale à ce qui nous occupe, nous préoccupe dans ce moment de concentration. Cette concentration peut avoir pour objet diverses temporalités. Le présent, le passé ou le futur. L’objet de cette attention peut être positive (plaisir, bien-être, projets agréables, etc…) ou négative (Angoisses, peurs, phobies, pertes d’être chers, perte d’autonomie, perte de travail, etc…)

Un autre état est celui de l’eau à l’état gazeux, ou la vapeur part dans tous les sens. C’est l’état de l’imagination, de la créativité, de la rêverie, ces moments où l’on est « ailleurs ».

Quelque part, entre ces deux états, il y a celui de l’eau à l’état liquide, qui va prendre la forme de son environnement, de l’activité que l’on va mener, où l’attention va s’adapter.

Notre cerveau nous permet d’osciller de manière régulière entre ces trois états.

Les personnes en souffrance ont tendance à rester, pour des raisons inconscientes, bloquées dans leur état « d’eau gelée ».

La focalisation de l’attention est figée dans un espace confiné où la personne boucle.

L’état légèrement modifié de conscience, tel celui produit par l’hypnose, permet de rouvrir, d’élargir la perception, dans un espace plus vaste, où la problématique n’a plus la même ampleur, plus la même place, et ainsi de permettre à nouveau à notre cerveau de fonctionner de manière adaptative et écologique pour nous.

Pour synthétiser ces métaphores :

  • Eau gelée > je veux tout contrôler
  • Eau vapeur > je lâche tout, je ne contrôle plus rien
  • Eau liquide > je contrôle en partie, ce qui est notre fonctionnement naturel. Pour éclairer ce dernier point, prenons comme exemple l’utilisation du langage verbal. Je débite 3 à 4 mots par seconde, ce que je ne suis en aucun cas capable de contrôler, c’est mon cerveau qui décide des mots, et je constate que ce que je dis corresponds à peu près à ce que je souhaite exprimer. Mon contrôle est décalé, je contrôle le flux, par le contenu du flux, je suis dans « l’eau liquide ».